Cuba Libre

Cuba Libre

Exposition du 16 avril au 11 mai 2014 au FIAP Jean Monnet à Paris. 

Cuba Libre ?

Non, il ne s’agit pas là que d’un cocktail ! Cuba libre fait avant tout référence au leitmotiv des troupes américaines qui se disputaient l’île avec les espagnols pendant la seconde guerre d’indépendance. Selon la légende, c’est deux ans après la bataille qu’un soldat américain aurait commandé pour la première fois un rhum avec du Coca-Cola – boisson qui venait d’être importée à Cuba –, une rondelle de citron vert et de la glace. Le soldat aurait alors levé son verre à la libération de l’île, en proclamant ¡ Por Cuba libre !

Profondément ancrée dans son histoire et revendicatrice de ses héros de la révolution, Cuba est fière de l’image qu’elle s’est construite. Mais sous ses airs de Cuba libre, de plus en plus confortés par les nouvelles réformes qui s’installent, l’île de la salsa, du rhum et des cigares peine à respirer. Pourtant, les cubains, installés dans le théâtre de leur propre réalité, semblent bel et bien vivre avec légèreté et savourer chaque instant du temps qui passe. Est-ce donc cela le Cuba libre ? Ou confient-ils finalement de l’espoir au temps comme on jette une bouteille à la mer ?

Exposé pour la première fois au siège du CNRS en 2013, le reportage photo Cuba Libre a été repris par le FIAP Jean Monnet pour une exposition du 16 avril au 11 mai 2014. Il comprend une série de 35 photos prises à Cuba en 2012.

Cuba Libre © Sophie Timsit

FIAP Jean Monnet, Paris. Affiche de l’exposition Cuba Libre.

FIAP Jean Monnet, Paris. Flyer de l’exposition Cuba Libre.

Cienfuegos. Dans la case de cet ancien douanier membre des troupes de Fidel Castro et Che Guevara, un lit, une table, une armoire et le souvenir intact d’une révolution.

La Havane. Le Capitole national, siège de la chambre des représentants et du Sénat jusqu’à la révolution castriste, est une réplique exacte du Capitole de Washington aux Etats-Unis. Il constitue le point zéro de toutes les routes de Cuba.

La Havane. Voiture de la marque Plymouth. Les américaines sont l’héritage d’une époque où l’argent coulait à flots, où l’île était considérée comme le « bordel de l’Amérique ». Déclarées patrimoine national par Fidel Castro, les américaines ne peuvent sortir du pays.

Trinidad. Le tatouage sur la poitrine de l’homme représente le Che tel qu’il a été photographié par Alberto Korda. Le mythe du Che, entretenu par Fidel lui-même, est né après son assassinat. Au-delà de l’idole la plus vénérée de Cuba, il est aujourd’hui l’étendard de toutes les libérations.

Cienfuegos. Représentation murale de Benny Moré, el barbaro del ritmo, considéré comme le plus grand chanteur de musique cubaine des années 50.

Trinidad. Percussionniste du restaurant La Canchanchara. Depuis plus de dix ans, il anime le passage des touristes qui viennent siroter une Canchanchara, mélange de rhum, de miel et de jus de citron.

Santa Clara. « Niña, si cocinas como caminas, me comería hasta la raspita. Ma belle, si tu cuisines comme tu marches, je raclerai les plats. » Pour tenter d’approcher la gente féminine, les hommes n’hésitent pas à user de propos galants, les piropos.

« Lorsqu’un peuple courbé de pesantes chaînes hésite à les briser avec ses propres mains, il peut changer facilement de tyrannie, mais pourra difficilement gagner sa liberté. »

José Martí. La Havane.

Province de Piñar del Rio. Une région qui produit en moyenne 38 000 tonnes de tabac par an. 90% des récoltes sont récupérées par l’Etat pour la fabrication de cigares de renommée mondiale, dont la moitié est réservée à l’exportation.

Vallée de Viñales. Ce paysan fume le cigare la « tête » percée d’un trou et enduite d’une fine couche de miel. Les cigares fabriqués dans son exploitation peuvent être vendus en tant que produits artisanaux, sans marque officielle.

Cienfuegos. A Cuba, le nombre de retraités se rapproche du nombre d’actifs et devrait même bientôt le dépasser.

La Havane. Cet agent de l’Etat a échappé aux vagues de licenciement qui ont envoyé vers le privé des centaines de milliers de fonctionnaires.

La Havane. Comme le métier de peintre, une centaine d’activités professionnelles ont été « libéralisés » et sont désormais accessibles aux travailleurs indépendants, les cuentapropistas.

La Havane. Coiffeur de rue : cuentapropista ou travailleur clandestin ?

Trinidad. Les parqueadores estatales portent un gilet et une casquette rouge Havana Club. Ils surveillent les voitures en l’échange de quelques pesos, mais peuvent aussi servir de guides, de chauffeurs ou de mécaniciens.

Santa Clara. Echange d’argent entre une mère et sa fille. 95% des travailleurs sont payés en pesos cubains alors que c’est en pesos convertibles que sont vendus la plupart des biens de consommation.

Trinidad. Révision d’une Packard. Puisqu’ils ne peuvent pas se procurer de nouvelles pièces, les cubains bichonnent leurs américaines. Ils sont devenus des maîtres du système D et de la récupération, de véritables orfèvres de l’entretien.

Malgré quelques assouplissements, le blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis est en place depuis 51 ans.

Santa Clara. Elément d’une fresque murale dédiée à la propagande anti-américaine.

Province de Piñar del Rio. Pour se déplacer à moindre coût, les cubains troquent leur confort contre une place debout, dans la benne de camions reliant les grandes villes.

Cienfuegos. Manque de produits de première nécessité, coupures d’eau et d’électricité ; le quotidien des cubains est rythmé par les contraintes du blocus.

La Havane. Les jineteras sont des « cavalières », des femmes qui « accompagnent » des hommes, pour aider leur famille à vivre ou accéder à des biens de consommation qui leur sont hors de portée.

Trinidad. Des millions de habanos partent chaque année en fumée aux quatre coins du monde sous une multitude de marques différentes. A Cuba, on fume le « cigare du peuple », confectionné à partir de tabac de seconde catégorie.

La Havane. « La liberté coute très cher et il faut, ou se résigner à vivre sans elle, ou se décider à la payer son prix. » – José Martí

Trinidad. « Il faut s’endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse. » – Che Guevara

« Vivimos como pobres pero morimos como ricos. Nous vivons comme des pauvres, mais nous mourons comme des riches. » 

Proverbe cubain. Trinidad. 

La Havane. « Los hombres no lloran. Les hommes ne pleurent pas. » – Proverbe

Cienfuegos. « Cuba a toujours eu comme principal objectif la pleine dignité de l’Homme. Celle-ci se construit non seulement sur des bases matérielles, mais aussi sur des valeurs spirituelles telles que la générosité, la solidarité, le sentiment de justice, l’altruisme et le respect mutuel. » – Raúl Castro

Camagüey. « Los niños nacen para ser felices. Les enfants naissent pour être heureux. » – José Martí

Trinidad. A peine plus de 17% de la population est âgée de moins de 14 ans. Les cubains ont pris de l’âge… Et il appartient aux plus jeunes de pallier à ce vieillissement.

La Havane. « La sagesse des vieillards c’est une grande erreur. Ce n’est pas plus sages qu’ils deviennent, c’est plus prudents. » – Ernest Hemingway

Trinidad. « La esperanza es lo ultimo que se pierde. L’espoir est la dernière chose qui se perd. » – Proverbe cubain

Trinidad. A Cuba, l’espérance de vie est de 79 ans pour les femmes et 75 ans pour les hommes. Des chiffres très proches de l’Europe, du fait d’un système de santé gratuit et performant.

Trinidad. Parce qu’il n’existe pas de meilleur investissement que l’enfance, l’éducation est gratuite et c’est une fierté nationale. Le taux d’analphabètes est quasiment nul.

Trinidad. « Los niños son la esperanza del mundo. Les enfants sont l’espoir du monde. » – José Martí

« Hay que coger la cosas buenas, porque las malas vienen solas. Il faut saisir les bonnes choses, car les mauvaises arrivent seules. » 

Proverbe cubain. Santa Clara. 

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Suite de l’exposition Cuba Libre.

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